Portrait : Virginie, bassoniste

© Tom Gachet

Peux-tu te présenter ainsi que nous préciser ton parcours ?

Je m’appelle Virginie. Je suis en Master 2 de Recherche en Musique et Musicologie à Sorbonne Université. Après un BAC littéraire option musique, j’ai décidé de prendre une année sabbatique et suis partie vivre à l’étranger. J’avais alors déjà tenté le concours d’entrée de musicologie et avais été admise donc je suis partie le cœur léger, me disant que je pourrais le retenter l’année suivante – chose que j’ai faite en rentrant à la Sorbonne, en 2014. Concernant la pratique musicale, j’ai commencé celle-ci très jeune avec l’alto dont j’ai joué une douzaine d’années. J’ai ensuite débuté le basson et ai fait plusieurs conservatoires parisiens jusqu’en cycle spécialisé.

Qu'envisages-tu de faire par la suite ? Tes études, ton parcours professionnel ?

J’aime beaucoup la transmission et tout ce qui touche à l’enseignement. J’ai d’ailleurs passé le CAPES l’année dernière et j’aimerais bien me confronter à l’aventure que représente l’agrégation. J’aimerais aussi pouvoir participer à la création d’émissions radio en lien avec la musicologie, à Radio France pourquoi pas !  Donc un métier avec ce pilier de l’enseignement, de la transmission de la musique. Je pense que c’est à l’heure actuelle quelque chose qu’il est important de défendre, qu’il faut donner notamment aux enfants qui n’ont pas forcément tous les mêmes bagages culturels.

Pourquoi le basson ?

Il m’était important de continuer à faire vivre l’instrument de mon grand-père qui était bassoniste. J’ai grandi avec cette image de lui qui avait fait la Seconde Guerre Mondiale en tant que brancardier-musicien. J’ai aussi constaté qu’en tant qu’altiste j’étais toujours exposée sur scène dans l’orchestre, tandis que je pouvais me cacher dans le fond en tant que bassoniste… J’ai donc pu faire quelques concerts en chaussettes ! C’est évidemment aussi un instrument qui me plaît du point de vue de sa sonorité, de sa couleur, et mets un point d’honneur à défendre le son du basson français.

Pourquoi as-tu décidé de rejoindre le COSU ?

Une amie altiste, Iris, m’a dit qu’on recherchait des bassons au COSU. Il y avait un très bon pupitre l les années précédentes, deux de ses membres étant d’ailleurs entrés au CNSM. J’étais aussi impressionnée par l’esprit de groupe, cette impression d’un corps qui, pendant les trois années de licence voire plus, se retrouve en orchestre. J’avais tenté une fois le COSU mais ils avaient pris quelqu’un d’autre, en première ou deuxième année. Et cette année, j’entre un peu par la petite porte… À la fin de ma première répétition, j’ai demandé au chef « Voulez-vous que je reste ? » et Sébastien m’a répondu « Ah, oui ! ». Je suis donc restée.

Tu nous as parlé tout à l’heure de l’importance que tu accordes aux notions d’enseignement, de transmission… Que penses-tu des événements organisés par le COSU qui, justement, mettent au cœur de sa démarche la communication et la création de lien avec le public ?

Je trouve que c’est très bien. J’ai pu participer à une répétition ouverte et c’était vraiment chouette de permettre notamment à des membres de notre famille de venir y assister, parce que c’est vrai qu’ils ne comprennent pas forcément qu’on parte répéter le samedi matin à 9 heures. Je pense aussi que c’est essentiel de proposer cela au public. Les pauses-musiques sont vraiment des moments chouettes qui amènent la musique dans un lieu habituellement très silencieux.

Que penses-tu du programme du concert Eroica ? Comment l’appréhendes-tu ?

Je trouve le programme déroutant. J’adore Lili Boulanger et je trouve qu’il est dommage de la mettre avec Beethoven, parce que c’est son centenaire cette année et que le fait de la placer à côté d’une symphonie qui est un monument d’orchestre, c’est l’étouffer. On aurait pu faire un hommage autre à Lili Boulanger par rapport au centenaire de la Première Guerre Mondiale ou alors via son engagement au sein du Théâtre des Armées. Sinon, le programme est difficile à mettre en place du fait du report du concert Rossini/Debussy. Ça fait beaucoup en peu de temps et on sent d’ailleurs une certaine adrénaline au sein de l’orchestre.

Y a-t-il une œuvre que tu préfères dans le programme de cette saison ?

J’adore le Stabat Mater et plus particulièrement le final. Je le « réclame » d’ailleurs souvent en fin de répétition. J’aime aussi beaucoup Lili Boulanger et la Fantaisie pour Piano et Orchestre de Debussy !

Outre le classique, écoutes-tu d'autres styles musicaux ?

Oui ! J’aime énormément le rap français. Je souhaiterais d’ailleurs qu’on le mette plus en valeur au sein de notre université. J’apprécie beaucoup l’improvisation. J’ai eu la chance de faire une improvisation géniale avec Ibrahim Maalouf au conservatoire du 13e arrondissement, lors d’une masterclass. J’aime aussi tout ce qui est expérimental… Le mouvement répétitif américain également. Bref c’est un peu éclectique.

Quelles sont les trois œuvres que tu aimerais jouer ?

Le Concerto en sol de Maurice Ravel ! Je trouve qu’on ne fait pas assez de Ravel et c’est dommage. Milhaud, Le bœuf sur le toit et le Requiem de Mozart. Mais j’insiste sur Ravel. Jouer des pièces tels telles que le Concerto en sol ou le Concerto en ré, voire même – soyons fous – la Valse chorégraphique… je pense qu’à nos âges, à notre niveau, le fait de jouer du Ravel pourrait vraiment nous apporter beaucoup !

Quelque chose à ajouter ?

C’est chouette d’avoir un orchestre et un chœur comme les nôtres et il faut se rendre compte que l’on a cette chance de pouvoir faire de la belle musique de manière collective et avec autant de personnes qui nous suivent dans l’organisation, la communication, etc., pour tout ce qui est petits et grands projets. Une pause-musique par exemple requiert l’autonomie des étudiants qui prennent en charge le travail musical, à côté des répétitions d’orchestre pendant lesquels nous sommes dirigés. C’est pour cela qu’on a tous été très affectés du report du concert de décembre, parce qu’on s’est tellement investis dans ce programme…