Portrait : Tom, violoniste

© Nicolas Auproux

Qui es-tu ?

Je m’appelle Tom Ali-Hassan, j’habite à Paris, je suis en cycle spécialisé au conservatoire à rayonnement régional de Rueil-Malmaison et je suis en cursus de violon et d’alto en même temps. Je passe mes deux DEM cette année. J’ai commencé la musique à 7 ans avec le violon et je joue de l’alto depuis trois ans. Je suis en Licence 3 de Musicologie. Je ne viens pas du tout d’une famille musicienne, j’ai un frère jumeau et une grande sœur, qui eux ont naturellement choisi leurs instruments. Ma sœur a choisi le piano et mon frère la guitare, moi je n’avais pas trop d’idée. Un jour j’ai entendu un orchestre à la télé, c’était un concerto pour violon justement, je ne me rappelle plus de l'œuvre exacte mais le violon avait une sonorité éclatante et chaude en même temps, ça m’a donné envie d’essayer et depuis je joue de cet instrument. Je suis au COSU depuis 2 ans.

Où te vois-tu dans dix ans ?


Je trouve la Musicologie très intéressante mais ce n’est pas la branche dans laquelle je pense trouver ma vocation. C’est un plus d’avoir un bagage musical assez solide, il faut bien connaître l’œuvre, le compositeur et l’époque pour rentrer au cœur d’une partition, mais ce que je veux vraiment c’est être musicien d’orchestre ou chambriste. Mon rêve c’est d’avoir mon groupe de musique de chambre.

Qu’aimes-tu jouer le plus ?

Ce que je préfère c’est la musique de chambre. Pour moi la musique c’est du partage d’abord et ce que j’adore c’est de pouvoir échanger avec d’autres personnes. J’ai deux groupes en ce moment et je trouve ça génial de pouvoir discuter, d’avoir plusieurs idées musicales et de pouvoir se rapprocher. J’adore jouer le répertoire classique et romantique. Ce n’est pas évident pour moi de jouer de la musique du XXe, ce n’est pas une musique que je ressens particulièrement. Mais je suis vraiment fan de tout le répertoire du XVIIe au XIXe, baroque, classique et romantique, sans préférence particulière.

Que penses-tu du programme du 16 mars au COSU ?

Je trouve ça original parce qu’on est habitué à avoir un répertoire très conventionnel avec du Beethoven et des grandes symphonies. Mais là, on a quelque chose de plus exotique, ça permet de découvrir les différents instrumentistes. Là c’est vraiment de la musique du monde, on peut vraiment s’évader dans ce style de musique.

Quelle est ta pièce préféré dans ce programme ?

J’aime beaucoup la Symphonie « Afro-américaine » de Still car c’est une œuvre qui donne de l’énergie, qui parle à tout le monde, ça sort un peu des conventions. On a envie de danser sur cette œuvre, ça nous évade. Ça me rappelle un peu le blues, la culture afro-américaine.  

Et tu en écoutes justement du blues ?
 

Non, je n’écoute pas forcément de blues et justement le fait que ce soit une symphonie classique me facilite peut-être cette écoute, car je n’aime pas vraiment le répertoire du jazz. Après il y a la pièce de Tan Dun que j’aime beaucoup et celle de Salim Dada également, c’est très folklorique et orientalisant, j’aime bien.

À part la musique classique, qu’est-ce qui te fait vibrer ?

Même si je préfère la musique classique, j’écoute de tout en fait, je suis un touche à tout, je peux vraiment écouter un groupe de hardrock comme je pourrais écouter du rap US, comme je peux écouter du classique et de la musique minimaliste, ça dépend vraiment des jours.
À part la musique, qu’est-ce que tu aimes faire ?

J’aime bien le sport. Depuis que je suis jeune, j’ai toujours adoré faire du sport et j’aime bien prendre des moments pour sortir, pas forcément pour faire la fête mais surtout pour me ressourcer. La musique demande vraiment un engagement assez conséquent et j’aime bien avoir des moments où je peux rester avec mes amis, même autour d’une table, ou avec ma famille. J’aime bien trouver des moments pour respirer où la musique n’est pas omniprésente. C’est quelque chose de très sélectif et très élitiste, C’est assez épuisant mentalement et psychologiquement, avec les concours et le reste.