Portrait : Louis, ténor

© Gaétan Vernier

Peux-tu te présenter et nous préciser ton parcours ?

Je suis en première année de licence de musicologie à Sorbonne Université. J’ai d’abord fait une licence de sciences sociales, économiques et politiques suivie d’une première année de master en ressources humaines en alternance. Me voilà aujourd’hui en musicologie pour faire ce que j’aime : chanter et faire de la musique. Avant cette année, je n’ai pas réellement suivi de cursus traditionnel en conservatoire mais ai fait partie de plusieurs chorales dont deux que j’ai cofondées. Mon étude du piano n’a elle non plus pas été faite en conservatoire. Cette année représente donc mon premier pas vers la professionnalisation musicale, alors que c’est la passion de ma vie.

Qu’envisages-tu de faire par la suite ?

J’aimerais vraiment être chanteur lyrique soliste. Il faut que je travaille très dur car j’ai 22 ans et qu’il y a des limites d’âge dans les conservatoires. Cela nécessite un grand investissement : travail du solfège, de la technique lyrique, de la puissance, du soutien, etc. J’ai un professeur de chant depuis janvier. J’aimerais entrer au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris l’année prochaine. On verra.

Pourquoi le chant ?

Tout petit, je chantais déjà. Mes parents ne se sont pas aperçus tout de suite que j’avais une voix, même s’ils voyaient que je chantais juste. Lorsque je suis arrivé au CP, ma maîtresse – qui me surnommait « le petit rossignol » – leur a dit qu’il fallait absolument m’inscrire dans une chorale parce que j’avais un don ; ils m’ont donc inscrit dans celle de ma ville. Je m’y suis éclaté et j’y ai acquis tout mon répertoire de musique française.

Je me sens très à l’aise en chant. Je suis heureux lorsque je chante aussi parce que ça rend les autres heureux. C’est très gratifiant de s’entendre dire « tu as une très belle voix qui fait plaisir à écouter ». Créer des émotions chez les auditeurs, j’adore ! La musique, c'est ce qui donne depuis toujours de la couleur à ma vie.

Pour quelles raisons as-tu décidé de rejoindre le COSU et comment t’y sens-tu ?

Lorsque je suis arrivé à Sorbonne Université, le COSU c’était un peu le Graal. Je ne l’avais jamais entendu chanter et pourtant je connaissais sa réputation qui est excellente. J’ai voulu le rejoindre parce qu’on y est tous musiciens, qu’il est sélectif et donc de bon niveau. Je voulais progresser en chant et en déchiffrage et je vois que cela porte ses fruits. En sortant de la première répétition, je me suis dit que c’était incroyable : les autres chanteurs ouvrent la partition, le chef donne le départ et tout le monde chante sans avoir entendu ne serait-ce qu’une ligne de musique au piano. Pour ma part, je suis simplement la voix de mon pupitre parce que j’ai forcément un peu plus de mal à déchiffrer ; ce qui n’est, au demeurant, pas dramatique car j’ai une bonne oreille. Autrement, je trouve l’ambiance vraiment géniale ! On s’entend tous très bien et on a une belle homogénéité de pupitre. On se retrouve après les concerts voire après certaines répétitions. Ça fait plaisir d’être avec des gens qui sont ouverts, qui chantent divinement bien, qui ont une grande culture musicale et qui sont, aussi, foncièrement gentils.

Que penses-tu des événements du COSU qui mettent au cœur de leur démarche la création de lien et la communication avec le public ?

Je suis très fan des concerts participatifs ! J’ai invité beaucoup de monde à participer à celui du 8 avril consacré à West Side Story. Les concerts participatifs permettent de montrer la manière dont on travaille mais aussi de présenter notre chef de chœur, car Ariel est génial. On peut alors dire : « regardez notre niveau et regardez à qui on le doit ».

Et que penses-tu du programme À double chœur ? Comment l’appréhendes-tu ?

Le programme de ce concert est vraiment magnifique mais, aussi, d’une grande difficulté. La pièce de Frank Martin est extrêmement dure rythmiquement tandis que celle de Francis Poulenc l’est du point de vue de l’harmonie. Nous devons faire croire que c'est facile pour que l'on puisse rendre à l'œuvre toute sa beauté à l'écoute. Concernant la manière dont j’appréhende ce programme, je dirais que l’on commence à vraiment bien le posséder maintenant !

Est-ce qu’il y a une œuvre que tu préfères dans le programme de la saison ?

Non, je n’ai pas forcément d’œuvre préférée. Je trouve que toutes les œuvres que l’on a chantées depuis le début de l’année sont très différentes les unes des autres. J’ai énormément aimé le Stabat Mater de Rossini, mais il n’est pas comparable à un programme à double chœur en ce que sa finalité n’est tout simplement pas la même. Dans le Stabat Mater, c’est la dimension théâtrale qui est visée en premier lieu. C’est une œuvre qui permet l'emportement musical et mélodique, ce qui est jouissif. Les solistes doivent s'éclater et nous qui les accompagnons avons aussi nos moments ! Les deux œuvres du concert À double chœur sont aussi monumentales mais plus recherchées harmoniquement et quand même différentes : l’une est une œuvre sacrée et apporte une sorte de plénitude et de paix, tandis que l’autre, profane, se base sur la poésie et c'est fou de voir comment l'originalité de l'harmonie répond à la beauté des textes. Les deux correspondent parfaitement à ce à quoi elles aspirent et, dans la mesure où je me vois bien dans les deux, je n’ai pas forcément de préférence.

Si tu devais, sur le vif, nous conseiller des œuvres à écouter ?

Au risque de ne pas être original du tout – ou, en tout cas, pas très moderne – je dirais la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorák, les œuvres de Beethoven et La Création de Haydn.

Et est-ce qu’il y a des œuvres que tu rêverais de chanter ?

Encore une fois, La Création de Haydn : c’est monumental et ça explose de lumière. Et puis pourquoi pas une opérette comme La veuve joyeuse de Franz Lehár que j’aime beaucoup.

Quelque chose à ajouter ?

On dit que l’appétit vient en mangeant... Hé bien j’ajouterais que l’envie vient en chantant !