Édito 17-18

Cette année universitaire 2017-2018 voit la création, au premier janvier prochain, d'une nouvelle université, Sorbonne Université, par l'union de Paris-Sorbonne (Paris IV) et de l'Université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI). Cette création qui verra, au cœur de Paris, la naissance ou la renaissance d’une université de recherche de tous les savoirs, désormais aux premiers rangs mondiaux, sera marquée par toute une série d’événements qui s’échelonneront durant plusieurs mois. Le premier concert de la saison du COSU ouvrira symboliquement cette année capitale, avec, dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven et son Ode à la Joie : quoi de plus significatif pour une université inscrite dans la longue et multiséculaire histoire de l’université de Paris, qui est, après celle de Bologne, l’une des plus anciennes universités européennes ?

Le COSU devient donc désormais le Chœur & Orchestre Sorbonne Université, avec ses 100 étudiants qui nous comblent de leur joie communicative de pratiquer la musique ensemble et de la partager. Aux voix de ses chanteuses et de ses chanteurs se joindront celles du Kammerchor de la Musikhochschule Stuttgart, dirigé par Denis Rouger, qui fut un des chefs remarquables de notre Chœur, invité pour l’occasion par notre cheffe allemande Corinna Niemeyer, afin d’interpréter ce chef-d’œuvre de Beethoven invitant à la paix entre les peuples. C’est pour nous également l’occasion de manifester concrètement comment Sorbonne Université, d’emblée, s’inscrit à la suite de l’UPMC et de Paris-Sorbonne comme un des acteurs majeurs de l’espace universitaire européen.

Mais dans le même mouvement Sorbonne Université est également au croisement de toutes les cultures du monde. Elle s’honore ainsi de pouvoir inviter le grand chef chinois Li Jian qui a dirigé les musiciens du COSU avec de jeunes musiciens chinois à Shanghai en septembre 2016. Dans ce même esprit de croisement, notre chef de chœur argentin – Ariel Alonso – dirigera cette année des œuvres de compositeurs russes et un de nos doctorants algériens, Salim Dada, proposera la création de son œuvre orchestrale L’Amour est ma croyance. Une autre création, Katerina au village, a été commandée à la compositrice Lise Borel qui a fait ses études dans notre Université et qui a déjà dirigé une représentation de notre chœur. Notre université marque par là sa volonté de s’inscrire dans le présent et la création contemporaine.
 
La musique française reste par ailleurs toujours privilégiée dans notre programmation, car le COSU est aussi ancré dans la recherche en musique et musicologie, un des axes majeurs définis par Sorbonne Université et qui regroupe, dans une féconde collaboration, chercheurs, enseignants et étudiants aussi bien « scientifiques » que « littéraires ». Le COSU fait ainsi partie du Collegium Musicae de Sorbonne Université, qui regroupe tous nos organismes de formation et de recherche touchant à la musique et à la musicologie, participant à la valorisation des recherches du Collegium, et plus particulièrement sur la musique française. C’est ainsi qu’un hommage sera rendu à la compositrice Lili Boulanger dont les œuvres côtoieront fièrement celles de Paul Dukas, Claude Debussy, Maurice Duruflé et Gabriel Fauré et que les chansons de Serge Gainsbourg, arrangées et orchestrées par les enseignants, seront chantées avec le public dans le cadre d’un colloque international consacré au chanteur-compositeur à l’occasion du 90e anniversaire de sa naissance : car la musique n’est pas affaire que de ses seuls spécialistes ! Les répétitions et les concerts participatifs du COSU, ouverts à tous, le prouvent année après année depuis leur création il y a cinq ans, avec un succès sans cesse croissant.

C’est donc une programmation originale, savamment ordonnée par nos musicologues qui s’attachent à conserver la dimension universitaire de ce chœur et de cet orchestre, ainsi que de tous les autres ensembles, amateurs ou plus professionnels, qui développent la pratique musicale mais aussi son écoute dans tout Sorbonne Université. Au-delà de la formation de nos étudiants, qui concilient leurs études générales et la pratique musicale, dans un enrichissement mutuel, en mêlant des œuvres du répertoire avec des œuvres moins connues, en encourageant la création tout en valorisant les recherches en musicologie, il s’agit avant tout de partage entre les musiciens et leur public. Quoi de plus significatif de la mission d’une université telle que l’est désormais Sorbonne Université ?

Barthélémy Jobert, Président de l'Université Paris-Sorbonne