Portrait : Hélène, percussionniste

© Nicolas Auproux

Qui es-tu ?

Je m’appelle Hélène Devys, je viens de Versailles, j’ai toujours habité là, et je suis dans le conservatoire de cette même ville. J’ai commencé la musique dès le CP dans une petite école qui mélangeait musique et temps scolaire en classe à horaires aménagés. On avait des cours comme tout le monde le matin et l’après-midi on faisait de la musique. J’ai suivi le cursus jusqu’au bout, ça m’a tellement plu que j’ai décidé ensuite d’étudier la Musicologie. J’ai commencé la percussion en CE2, car quand j’étais petite je tapais un peu partout, j’avais vraiment le sens du rythme, bien plus que celui des notes. Après avoir vu des petites présentations d’instruments, j’ai trouvé ça cool et je me suis lancé là-dedans. J’ai continué jusqu’à maintenant, mais en 4e j’ai également commencé le violoncelle, car petite j’avais déjà hésité avec les deux et je me suis dit, que j’avais vraiment envie d’en faire.


Joues-tu exclusivement du répertoire classique ou aimes-tu te pencher sur autres choses ?


J’aime jouer des pièces bien différentes. J’avais un professeur qui faisait beaucoup de musique contemporaine à une époque, j’ai donc été baignée dans ce répertoire également. Je trouve qu’il y a des pièces contemporaines très sympas, surtout pour la percussion. A l’orchestre c’était certes souvent du classique, mais avec mon professeur on faisait des concerts où on réunissait toutes les percussions du conservatoire et on ré-arrangeait des pièces contemporaines, on reprenait aussi des pièces assez variées, même de plusieurs pays. Je me souviens d’un projet avec un compositeur américain encore vivant, il avait écrit une partition presque injouable et on l’avait retravaillée avec lui car ça partait dans tous les sens. On avait vraiment collaboré avec ce compositeur. Finalement c’est ce qui est bien avec la percussion, on peut vraiment faire de tout, du contemporain au classique, du jazz au rock…

Fais-tu un peu de jazz justement ou de rock ?

Je n’ai pas beaucoup fait de batterie. On en faisait quand on était petit mais après je suis passée avec ce professeur qui était plus spécialisé en contemporain et je n’en ai plus beaucoup fait. Je ne suis pas une grande amatrice de rock et de jazz au final.

Tu es déjà en Licence 2 de Musicologie. Veux-tu continuer dans ce domaine?


Je ne suis pas sûre, je ne voulais pas arrêter la musique mais je ne suis pas allée en Musicologie dans l’optique d’avoir un métier là-dedans, c’est plus pour enrichir mon parcours, avoir une licence et pour réfléchir un petit peu. Je ne veux pas être professeur de musique au collège ou au lycée par exemple, je voudrais bien travailler avec les enfants, en tant que professeur de solfège ou un métier semblable. Être en contact avec des groupes d’enfants, leur faire découvrir et les réconcilier avec le solfège, c’est ce qui me plait pour le moment. Plus je fais de la musique, plus j’ai envie de faire de la musique, mais je ne suis qu’en Licence 2, je peux encore complètement changer d’avis. Je pourrais être institutrice en primaire peut-être. À part ça, je suis très passionnée par le cinéma et plus j’avance, plus je suis penchée vers cet art.

Qu’aimes-tu jouer le plus ?

Ce que j’adore jouer, ce sont les claviers, j’ai toujours préféré le marimba et le vibraphone, beaucoup moins la caisse claire par exemple. C’est différent cependant en orchestre, car j’aime être aux timbales pour les symphonies, même si je préfère les pièces plus contemporaines, où l’on a des projets dans lesquels il y a cinq parties de percussions, où l’on joue un peu de tout, j’adore jouer des claviers en orchestre, et pour une fois on nous entend de façon différente, ce n’est pas que de la rythmique, il y a plus de mélodies. J’aime bien également les musiques tonales assez originales.

Que penses-tu du programme du COSU du 16 mars ?


Je suis assez surprise, positivement ! Il y a toujours une partie classique que tout le monde connaît et une autre partie plus contemporaine et inconnue. Et je trouve ça bien car ils ont choisi des choses très différentes, et on a l’impression de voyager autour du monde en une seule répétition, je trouve ça super intéressant. Parfois il y a des pièces contemporaines qui peuvent être un peu fatigantes, mais là je trouve que l’œuvre de Salim Dada est très sympa et vraiment jolie, en plus de ça, il y a des solos de glockenspiel, c’est peut-être dérisoire mais des petits solos en percussion ça n’arrive pas souvent, on est content quand il y en a. Les autres œuvres sont également chouettes, la Symphonie « Afro-américaine » de Still est assez difficile pour nous car il y a cinq instruments différents, souvent au début des répétitions on entrait deux mesures trop tard ; ça parait très facile mais ça ne l’est pas tant que ça, il faut tout le temps changer d’instrument. Mais maintenant c’est vraiment cool à jouer, et l’œuvre de Tan Dun est vraiment très drôle.

Et à part la musique classique, qu’est-ce qui te fait vibrer ? Vas-tu voir des concerts autres que classiques ?

J’ai été bercée par le classique, donc c’est vrai que je suis très portée là-dessus, je vais donc beaucoup à des concerts de musique classique. Mais j’aimerais bien aller autre part, j’aime bien d’autres musiques comme le rap par exemple. Le problème c’est que j’ai moins d’amis qui voudraient aller à des concerts de ce genre de musique avec moi. Je trouve moins d’occasions. Autour de moi il y a beaucoup de gens qui jouent et aiment le classique et moins de gens qui aiment le rap. Mais j’y vais tout de même parfois quand l’occasion se présente.

Sinon, je regarde beaucoup de films, et plus je fais de la musique, plus je m’intéresse à la musique dans les films. Souvent je me rends compte que c’est à cause de la musique que je suis en train de pleurer par exemple. Aujourd’hui dans les films et les séries, la musique prend une importance cruciale et tout le monde reconnaît la bande son de certaines séries, de certains films. Pour moi, sans musique, il y a des émotions que l’on ne peut pas ressentir.