Portrait : Clémentine, choriste

Clémentine fait partie du Chœur Sorbonne Universités. Elle chante dans le pupitre des altos et nous parle ici de son parcours, du COSU et du prochain concert Saint-Saëns | Martin | Brahms | Franck qui aura lieu mercredi 13 avril en la Basilique Sainte-Clotilde.

Quel est ton parcours universitaire et musical ?

J’ai commencé le piano quand j’avais 7 ans au conservatoire du 19e arrondissement de Paris. Je me suis ensuite tournée vers plusieurs instruments : guitare, basse, etc. C’est donc naturellement que je me suis mise à la musicologie parce que je baignais déjà dans ce milieu là. Aujourd’hui je suis en master 1 Recherche de Musique et musicologie à l’Université Paris-Sorbonne. Je travaille aussi beaucoup sur la composition de musique de films, mon vrai domaine de prédilection.

Tu suis une formation particulière pour la composition de musique de film ?

Oui, au conservatoire Maurice Ravel de Levallois. Il y a un cursus qu’on peut intégrer même en étant débutant.

Depuis quand chantes-tu ?


Je n’ai jamais pris de cours de chant mais j’ai toujours beaucoup aimé chanter pour mon propre plaisir. Quand j’étais en 3ème cycle de formation musicale au conservatoire, j’ai découvert les lieder de Schubert, et c’est à partir de là que je me suis vraiment tournée vers le chant « classique ».

Qu’est-ce qui t’a poussée à intégrer le COSU ?


Dès ma première année de licence, je souhaitais intégrer le COSU mais mon emploi du temps ne me le permettait pas. En troisième année, j’ai vu que le COSU proposait un programme Musiques et Cinéma, je me suis dit « il faut que j’y aille ! » et j’ai pu trouver un compromis pour mes horaires.

Qu’apprécies-tu dans la pratique chorale ?

Être entourée des harmonies, pouvoir jouer avec les dissonances, faire partie d’un tout, pouvoir tout entendre autour de soi. Et puis le chant est quelque chose qui apaise.

As-tu une chanteuse de référence ?


Oui, Janis Joplin ! Cette femme qui a peu vécu mais intensément, a influencé beaucoup de chanteurs. Avec sa voix éraillée, elle incarne la transition parfaite entre le jazz et le rock. Selon moi, c’est un personnage essentiel dans l’histoire de la musique.

Au regard du programme du concert du 13 avril, est-ce que tu as une affinité particulière avec le répertoire allemand, ou le répertoire français ?

Le travail choral de Brahms n’est pas celui que je préfère, je trouve qu’il a une vision très verticale de l’écriture du chœur. Les voix sont peu chantables indépendamment des autres, il n’y a pas vraiment de ligne mélodique, et je trouve ça dommage. Chez Bach c’est plus « linéaire ». J’aime quand même beaucoup le répertoire allemand. Mais de façon générale, je préfère le travail de Saint-Saëns.

Quel est ton plus beau souvenir avec le COSU ?

Le concert à la Sorbonne à l’occasion de l’entrée au Panthéon de quatre grandes figures de la Résistance : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.  On a chanté à l’extérieur, devant la Chapelle de la Cour d’Honneur. Le programme était vraiment super avec le Cantique des Cantiques de Daniel-Lesur, Water Night de Whitacre, et des œuvres de Sandström et de Reger notamment. Ce sont des pièces avec beaucoup de dissonances qui ont pris toute leur ampleur avec la résonnance de la cour. L’effet était très beau.
 
Quel est ton projet professionnel ?


J’aimerais être compositrice de musiques de films mais je m’intéresse aussi beaucoup à la direction. Je dirige actuellement un orchestre d’étudiants. Ce qui me plaît c’est que l’on reste très proche des musiciens et j’apprécie ce travail de transmission et de partage.

Entretien réalisé par Héléna Delmas-Pastor et Violette Viannay
(stagiaires Master Gestion et Administration de la Musique)

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Léo Andrés