Portrait : Claire, altiste

© Léo Andrés

Quel est ton parcours universitaire et musical ?
Cela fait 9 ans et demi que je pratique l’alto. Je suis en deuxième année de cycle spécialisé au CRR de Paris avec Sabine Bouthinon. Côté universitaire, je vais terminer ma première année de Licence en Musicologie et j’ai décidé ensuite d’arrêter les cours pour me concentrer sur la pratique instrumentale. Je resterai quand même au COSU pour faire de l’orchestre et de la musique de chambre !

Pourquoi avoir choisi l’alto comme instrument ?
À 9 ans, j’allais à des ateliers au conservatoire pour découvrir les instruments. J’ai plutôt choisi la professeure que l’instrument, mon choix s’est basé sur une belle rencontre humaine, et il s’avère que c’est un instrument qui me convient bien. Au fil des années, c’est devenu un instrument que j’apprécie vraiment, qui me correspond et que je défends car il est assez critiqué. Je prends plaisir à travailler ses caractéristiques et son répertoire, plutôt XXe siècle, des pièces de caractère plus que techniques.

Que peux-tu nous dire sur le programme Musiques Françaises ?
Comme le titre l’indique, c’est un programme mettant en avant des pièces écrites par des compositeurs français des XIXe et XXe siècles. Aux spectateurs de trouver ce qui relie l’Ouverture n°2 de Farrenc et le Sabat Mater de Poulenc, tout en passant par les Nocturnes de Debussy, une pièce importante de répertoire. Elles sont très différentes mais on retrouve cette French touch ! Ce qui va être sympathique, c’est qu’on va retrouver le choeur. Les grandes formations où l’on est tous ensemble, sont toujours agréables. Je ne connaissais pas les oeuvres avant de les travailler au COSU, mais c’est ma période de prédilection. Ce sont des oeuvres magnifiques, où il y a plus de challenge car plus subtiles, plus compliquées à monter que celles de Beethoven ou de Mozart.

Que t’apporte en plus la pratique orchestrale ?
L’alto a un rôle particulier dans l’orchestre. On a très peu de passages thématiques, c’est plutôt de l’accompagnement. Mais on trouve un intérêt à ça, c’est un travail différent. On va travailler l’harmonie par une autre voie. On peut ressentir contre quoi et avec qui on joue, et on apprécie mieux le jeu de l’ensemble. Les altos sont un peu la clef de voûte de l’orchestre. Il faut savoir où l’on se place dans la structure. Mais bien sûr, on aime avoir un thème de temps en temps ! Jouer en orchestre, c’est aussi la découverte du répertoire et des compositeurs d’une manière différente qu’en individuel.

Quel a été le moment phare de la saison pour toi ?
La programmation du COSU est toujours de qualité avec des oeuvres complexes qui nous stimulent. Nous sommes incités à monter des programmes difficiles et intéressants que l’on n’aurait pas forcément l’occasion de jouer ailleurs. Le programme le plus difficile de la saison a été Climats, avec le Concerto pour violon de Sibelius. C’est une oeuvre magnifique, c’était même frustrant de devoir compter les temps alors qu’on souhaitait simplement écouter. Anna Göckel, notre soliste, fût une belle rencontre, humainement et musicalement. C’est une personne hors norme qui s’est ouverte à nous avec une vraie volonté de travailler avec l’orchestre. C’était très agréable !

Comment vois-tu ton avenir professionnel ?
À court terme, je vais passer les concours l’année prochaine pour entrer au CNSM de Paris ou de Lyon. J’aimerais aussi partir à l’étranger pour découvrir d’autres manières d’apprendre la musique. Je n’en suis pas au stade de me fermer des portes donc je serai musicienne d’orchestre ou dans l’enseignement. On verra ce qui est fait pour moi !

La voir en concert

Mercredi 10 mai 2017 | Auditorium | Centre Clignancourt
Vendredi 12 mai 2017 | Grand Amphithéâtre | Sorbonne

 

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